BREVE NOTICE HISTORIQUE
La Bolivie a fait partie de l'Empire Inca, puis elle est devenue indépendante vis-à-vis de l'Espagne en 1825. Elle a ensuite perdu une grande partie de son territoire au bénéfice de trois nations voisines. D'abord, l'accès au Pacifique a été pris par le Chili en 1879. Puis en 1903, la Bolivie a dû céder au Brésil une portion considérable de la province d'Acre – riche en caoutchouc - et enfin en 1938, elle a cédé quelques hectares au Paraguay. En 1952, la Bolivie a pris la tête de la première révolution d'Amérique du Sud. Plus tard, l'instabilité a continué. En 1965, une guérilla dirigée par Ernesto « Che » Guevara initia une action révolutionnaire. L'armée bolivienne écrasa la guérilla, en capturant et en tuant le Che Guevara le 8 octobre 1967. Ensuite, une série de coups d'états militaires a caractérisé l'époque, jusqu'au retour à la démocratie en 1982 avec le Dr Hernán Siles Suazo. Cependant, la Bolivie continua d'être le théâtre de nombreuses grèves et protestations, en devant composer avec le plus bas « revenu par habitant » de toute l'Amérique du Sud. En juin 1993, le défenseur du libre-échange, Gonzalo Sánchez de Lozada a été élu président, puis il a été suivi de l'ex-dictateur Hugo Banzer, réélu en 1997. Bien que la Bolivie compte avec la seconde plus grande réserve de gaz naturel d'Amérique du Sud, ainsi qu'avec une réserve considérable de pétrole, le pays a continué d'être l'un des plus pauvres du continent. En août 2002, Gonzalo Sánchez de Lozada assuma de nouveau la présidence de la Bolivie. En février 2003, il a dû faire face à de grands troubles et protestations, provoqués par une proposition de mise en place d'un impôt sur la rente, que le gouvernement a dû retirer immédiatement.
Au mois d'octobre 2003, Sánchez de Lozada s'est finalement vu forcé à renoncer après deux mois de perturbations et de grèves. En effet, son projet d'exportation de gaz à des entreprises étrangères (un projet qui aurait bénéficié à bien plus de personnes qu'aux seuls boliviens) avait produit une rébellion populaire. Son vice-président, Carlos Mesa, assuma donc la présidence. En juillet 2004, un référendum a été organisé à propos du devenir des considérables réserves de gaz naturel de Bolivie. Le référendum mettait en question le thème de la nationalisation des entreprises de gaz et celui du contrôle gouvernemental de l'investissement pétrolier étranger, ce que réclamaient les mouvements sociaux et la gauche bolivienne. De cette manière, Carlos Mesa pensait satisfaire le fort sentiment anti-privatisation des boliviens, sans fermer la porte à une certaine forme de privatisation dans le futur. Mais l'augmentation du prix des combustibles en janvier 2005 donna lieu à de nouvelles protestations massives de dizaines de milliers d'agriculteurs et mineurs appauvris, et Mesa démissionna le 6 juin, en expliquant que sa capacité à gouverner avait été paralysée par les troubles. Pour mémoire, les deux demandes communes des divers groupes de protestation avaient été la nationalisation des industries pétrolières et gazières, et la formation d'une assemblée constituante pour réécrire la Constitution Politique de la Bolivie. Conformément à la Constitution Politique de la Bolivie, le Juge de la Cour Suprême, Eduardo Rodríguez, assuma la Présidence.
En décembre 2006, l'autochtone bolivien Evo Morales Ayma a gagné les élections présidentielles avec 54% des voix. En tant que président, ses deux initiatives principales ont été de nationaliser l'industrie du gaz naturel bolivien et d'initier la réécriture de la Constitution Politique de l'Etat. Pour ce faire, des élections nationales ont été organisées afin de déterminer qui seraient les personnes en charge d'élaborer la NCP (Nouvelle Constitution Politique), qui garantirait notamment de meilleurs droits pour les populations autochtones de Bolivie. Le 1er mai 2006, Morales annonça la nationalisation de l'industrie énergétique du pays, manœuvre grâce à laquelle on supposait que les revenus annuels de ce secteur allaient être dupliqués. Le changement n'affectera pas dans une large mesure les marchés internationaux, puisque la Bolivie exporte uniquement son gaz naturel à deux pays, le Brésil et l'Argentine. Le 10 août 2008, Evo Morales a gagné avec 67% des voix un référendum révocatoire, où une grande majorité de la population confirma son soutien au président et au vice-président, en leur qualité d'autorités maximales du pays. Cet appui exceptionnel permettra à Evo Morales d'impulser des réformes en faveur des majorités, d'autant que la Nouvelle Constitution Politique de l'Etat a été approuvée (le projet de NCP avait été approuvé par référendum le 25 janvier 2009). Le 19 juillet 2010, le Président Evo Morales a promulgué la Loi de Cadre aux Autonomies et à la Décentralisation, l'une des cinq lois établies par la Constitution Politique et la plus importante, parce qu'elle permettra de délimiter la nouvelle structure du désormais nommé « Etat Plurinational », en régulant le régime des Autonomies et les bases de l'organisation territoriale de l'Etat et des entités territoriales autonomes. De la même manière, cette loi régule le régime économique et financier, la coordination entre l'Etat central et les entités territoriales décentralisées et autonomes, et la délégation des compétences. Le niveau national central, comprend les trois pouvoirs d'Etat. Il existe quatre niveau pour les Gouvernements autonomes : Départemental, Municipal, Indigène-Paysan et Régional, avec la compétence législative et exécutive. La loi établit également les compétences de chaque niveau économique.





